Quelques précurseurs

Christian Kremp, né en 1843, en Allemagne, ingénieur chez Leitz, bricole, peut être pour ses enfants, une cithare en y rajoutant un système astucieux pour jouer avec, s'inspirant d'un instrument d'origine russe le Gusli et aussi de l’Orphica. Avec cet ensemble de données il dépose, un premier brevet le 22 novembre 1877, plus tard J. Haslwanter, un autre luthier, améliorera en déposant le 26 février 1878, un brevet concernant un système mécanique de touches sur des cordes pour créer des accords sur une cithare. Mais tout cela n’est qu’embryonnaire, le processus est en place. La touche finale n’aura lieu que quelques années plus tard en 1880, avec l’intervention de C. A. Gutter. CHRISTIAN AUGUST GUTTER 1823-1900 Parmi les nombreux luthiers qui cherchaient le moyen de fabriquer des instruments de musique pouvant permettre aux personnes ne connaissant rien à la musique de pouvoir en jouer sans difficulté, se trouvait un artisan particulièrement doué du nom de Christian August Gutter.

Né le 22 juillet 1823, ce dernier, qui est le descendant d’une famille de luthiers, cherche et invente avec un autre luthier du nom de Heilbrun Sohne, originaire de la ville d’Erfurt, une cithare avec un système astucieux de barres d’accords s’appuyant transversalement sur des cordes tendues et maintenues en constante position haute par un système de rappel.

Gutter & Sohne, ont donc repris les brevets de Christian Kremp, ainsi que celui de J. Haslwanter concernant un système mécanique de touches sur des cordes pour créer des accords sur une cithare.

L’instrument est curieux, il a 23 cordes et quatre tiges de fer pourvues de feutre reposant sur des lames ressort fixées de chaque coté‚ de l’instrument qui a une forme simple de cithare, c’est archaïque et bien sûr, on ne peut en jouer que sur une table, mais l’objet est là.

Ils nomment cet instrument « Volkszither» littéralement « Cithare populaire» et obtiennent un brevet vers 1875. Gutter fait breveter immédiatement l’invention.

Quelque temps plus tard, il envoie au British Patent, de Londres, en association avec un certain J.M. Grob, de Leipzig, une communication concernant sa découverte avec en prime un plan de l’instrument. Ce dernier a nettement évolué, il se compose de trois barres en bois ainsi que le système de ressort tel qu’il est utilisé‚ aujourd’hui

En 1883 C.A. Gutter revend à un luthier de Klingenthal (toujours en Saxe Allemande), un certain Lindemann, son invention. Ce dernier publiera en 1890, dans un mensuel, un avertissement concernant l’instrument, contre les copies et imitations ainsi que la vente d’instruments sous le nom d’Akkordzither, provenant notamment du manufacturier C.F. Thierfeld. Ce communiqué‚ signé‚ de H. Lindemann, précise qu’il est le seul manufacturier détenant les droits et privilèges de l’instrument dénommé: " Volkszither" .

Petit encart linguistique au passage, le nom Autoharp ne prend pas de « e » à la fin en français, car il s’agit d’un nom propre et de plus c’est une marque déposée. Si, en bon linguiste nous devions traduire ce mot, nous dirions: « Harpe-Automatique ». Nous resterons, si vous le voulez, sur l’appellation américaine d’Autoharp.

PATENT ALLEMAGNE002